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Le portrait du mois de janvier : Mathieu Mégévand, licencié au club d’Annemasse (74)

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Le portrait du mois de janvier : Mathieu Mégévand, licencié au club d’Annemasse (74)

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Le portrait du mois de janvier :

Mathieu Mégévand, licencié au club d’Annemasse (74)

Florian Baud : Peux-tu te présenter ainsi que ton parcours dans le badminton ?

Mathieu Mégevand : J’ai 40 ans et suis originaire de Haute-Savoie où j’ai commencé le badminton à 15 ans dans le club de Saint-Julien-en-Genevois après m’être essayé à différents sports. J’y ai assez vite pris goût, participant même chaque semaine à l’animation d’un créneau adultes pendant mon année de terminale.

J’ai continué à pratiquer de plus en plus assidument tout au long de mes années étudiantes d’abord à Lyon pendant mes études à l’INSA puis une saison au club d’Aix-en-Provence où j’ai étudié une année après mon diplôme d’ingénieur. Entre les deux, j’ai eu la chance de découvrir pendant 6 mois une autre culture du badminton en Suède où j’ai joué en marge de mon stage de fin d’études participant aux interclubs et à quelques tournois.

De retour à Lyon pour mon premier boulot, j’ai joué deux saisons au BACLY avant de prendre la direction de Paris où j’ai été licencié pendant 10 ans à Who’s Bad.

Depuis 2016, je suis de retour dans ma région et suis licencié au Badminton Annemasse Agglo (B2A) avec lequel nous venons d’organiser les Championnats de France Vétérans 2021.

Le badminton est donc le sport que je pratique depuis le plus longtemps après la natation que j’adore pratiquer surtout en eau libre une fois l’été venu. 

La plus grande part de mon engagement bénévole a souvent consisté à donner un coup de main sur les tournois (plus ou moins gros) organisés par les clubs dans lesquels j’étais licencié. J’ai également été dirigeant dans mon club actuel.

Depuis quelques saisons, je suis également arbitre.

F.B : Un badiste multi facettes que nous allons essayer de découvrir et comprendre une à une ici. Tout d’abord, pourquoi avoir décidé de devenir arbitre et aimerais-tu évoluer dans ce rôle à l’avenir ?

M.M : Y étant venu sur le tard, on ne peut pas dire que l’arbitrage était pour moi une vocation 😉

Je dirais que c’est une tentative de « reconversion badistique » puisque mon arrivée dans l’arbitrage a coïncidé avec une période où je jouais moins à cause d’une série de blessures. C’est aussi pour moi une découverte comme on peut en vivre dans le monde du badminton.

En ligue Ile-de-France, les rencontres interclubs régionaux étaient toutes arbitrées et mon club comptait trois équipes en ICR et une en ICN.  Arbitrer était donc au départ une façon de participer un peu plus à la vie du club (avec un degré d’implication compatible avec mes activité professionnelles). C’était aussi la possibilité de passer un peu de temps avec mes camarades de jeu (dans la même saison j’ai joué avec eux en R3 et ai arbitré aux playoffs).

Enfin, j’y ai aussi vu l’opportunité de travailler la concentration et de la prise de décision dans un mode complémentaire à mon activité professionnelle.

Un passage d’une semaine aux IFB où j’ai pu vivre des matchs de très haut niveau de l’intérieur en tant que juge de ligne au sein d’une équipe dynamique (dont un certain nombre d’OT originaires d’AURA et que je rencontrai pour la première fois) a achevé de me convaincre sur ce dernier point.

Dans le rôle d’arbitre c’est la dimension humaine que je trouve intéressante ; le positionnement à trouver vis-à-vis des joueurs pour qu’ils puissent vivre leur match le plus sereinement possible mais également les échanges avec les autres officiels techniques. En plus cela permet de vivre de beaux matchs de l’intérieur, ce qui n’enlève rien.

Depuis mon arrivée en AURA, comme l’arbitrage n’est pas institutionnalisé au niveau des ICR, je continue d’arbitrer au gré des opportunités et de mes disponibilités, non plus pour mon club, mais par simple plaisir avec l’envie de continuer à évoluer dans ma pratique pour avoir l’occasion d’arbitrer des matchs au plus haut niveau possible.

Avec le recul, peut-être un petit regret : ne pas avoir découvert l’arbitrage plus tôt même si je ne milite pas pour que tous les matches soient arbitrés. Je suis un fervent partisan de l’auto-arbitrage qui est une vraie force de notre sport qui repose sur le fair-play.

F.B : Tu as récemment fait partie de l’aventure Championnats de France Vétérans avec le club d’Annemasse où tu es licencié. Pourquoi une telle organisation ? Peux-tu nous en dire plus sur cette expérience pour le club comme à titre personnel ?

M.M : En parlant des Championnats de France Vétérans, tu as utilisé le mot « aventure ». C’est un mot que je trouve particulièrement bien approprié pour qualifier un projet de cette nature.

En 2018, dans le cadre du développement du B2A nous avons souhaité nous positionner sur l’organisation d’un évènement d’ampleur nationale comme levier pour continuer à développer notre école de jeunes, participer à la promotion du badminton localement et en Haute-Savoie, et mettre le badminton haut-savoyard sur la carte de France.

Compte tenu des spécificités du club et du panorama du badminton en Haute-Savoie, notre choix s’est naturellement porté sur l’organisation des Championnats de France Vétéran (CFV) ; la présence de joueurs évoluant au niveau championnats de France dans les catégories vétérans au sein du club et plus largement en Haute-Savoie paraissait être un levier intéressant que nous souhaitions exploiter pour servir ces objectifs. (NDLR : le B2A compte un fort contingent de vétérans (compétiteurs ou non) dont 6 qui participent chaque année aux CFV avec un certain succès puisqu’ils y remportent régulièrement des médailles. A l’échelle de la Haute-Savoie c’est plus d’une quinzaine de joueurs dont certains ont déjà remporté titres.)

Au-delà de l’aspect sportif, le caractère convivial de ces championnats qui ressort généralement des discussions avec ceux qui y ont participé a été un marqueur qui a jalonné notre démarche.

Après avoir obtenu le soutien des collectivités locales, du Codep et de la Ligue, nous avons donc déposé un dossier de candidature qui a été retenu parmi les 3 candidatures en lice (un nombre rare pour des CFV) en Décembre 2018. L’aventure était lancée !

Si ce n’était pas la première fois que des CFV avaient lieu, il s’agissait pour notre jeune club et pour le badminton haut-savoyard d’une première. C’est bien évidemment une organisation complexe car on n’est pas loin de parler de la plus grosse compétition en France par le nombre de joueurs/matchs joués, impliquant quelques moyens et une logistique importante. Et cela a pu faire peur à certains par moment à certains ce qui est un sentiment normal au moment de sortir de sa zone de confort et de s’avancer dans l’inconnu.

Compte tenu des conséquences du contexte sanitaire (et notamment les longues périodes d’incertitude et d’éloignement de la communauté des badistes) et des reports successifs, l’évènement qui s’est déroulé 18 mois après la date initialement prévue est forcément différent de ce que nous avions imaginé initialement. Néanmoins l’essentiel est bien là !

Le comité d’organisation s’est réuni un peu avant Noël pour faire le bilan : certaines choses ont bien fonctionné, d’autres moins. Mais globalement les retours des joueurs, officiels techniques, bénévoles, partenaires sont positifs. Le club pourra en tirer des enseignements pour la suite.

En ce qui me concerne, ce que je retiens avant tout c’est l’aventure humaine à laquelle j’ai eu la joie de participer : d’évoluer au sein d’un comité d’organisation composé aussi bien de compétiteurs chevronnés et de joueurs loisirs qui ne se connaissaient pas forcément tous au départ mais qui ont appris à se connaître et à travailler ensemble. Un comité d’organisation qui s’est battu pendant près de 3 ans contre l’adversité pour que ces championnats aient finalement lieu après deux reports, là où beaucoup d’organisateurs auraient jeté l’éponge. J’en profite d’ailleurs pour leur tirer mon chapeau et en particulier à Hervé Bouetard et Yves Gallard, deux joueurs loisirs qui, ensemble, ont eu le courage de reprendre le flambeau pour guider le comité d’organisation après le premier report pour mener cette aventure à bon port.

Enfin, si le comité d’organisation qui a œuvré à la préparation de l’évènement en amont était composé d’une petite quinzaine de membres, au final ce sont pas moins de 125 bénévoles de 12 à 72 ans, badistes ou non, qui ont pris part à cette aventure et contribué à la réussite de cette aventure.

NDLR : Malgré la situation sanitaire et la concurrence des CF jeunes qui ont eu lieu aux mêmes dates, les joueurs ont répondu présents (690 joueurs de 35 à 81 ans (après désistements)), disputant 989 matchs pendant 3 jours sur les 21 terrains (dont 16 tapis) répartis dans 4 gymnases répartis dans un périmètre de 1,4km.

40 titres ont été décernés dans les 5 disciplines du badminton.

D’un point de vue sportif c’est une réussite pour le B2A avec 11 participants (5 femmes et 6 hommes) dont 4 médaillés (2F/2H) : le titre en SH V3 pour Thierry Foulon (membre du comité d’organisation, le premier pour un joueur du B2A) et 3 médailles de bronze (SD V3, DX V3 et DH V7). Au total, avec 50 participants issus de 9 clubs (sur 15), le badminton haut-savoyard était également bien représenté avec des joueurs de 4 clubs remportant un total de 4 titres et 9 médailles de bronze.

F.B : Le club d’Annemasse est employeur d’un salarié entraîneur à temps plein. Tu as été impliqué dans la gestion du salarié du club ces dernières saisons. Pourquoi ce choix ? Quelles sont les qualités importantes pour cette mission ?

M.M : La gestion d’équipes fait partie intégrante de ma vie professionnelle. En revanche, je n’avais aucune expérience dans la gestion d’un salarié en milieu associatif mais c’est une thématique qui m’intéressait.

En tant que co-trésorier de l’association, j’ai pu profiter d’une formation organisée par la ligue à destination des employeurs et futurs employeurs pour aborder le sujet en compagnie de Coralie Biguet-Petit-Jean (co-présidente à l’époque) qui avait été à la manœuvre du processus de recrutement et de l’établissement du contrat de travail de notre salarié et Philippe Lepage (DRH de métier). Cela nous a notamment permis de mieux comprendre certaines subtilités de la CCNS (NDLR : Convention Collective Nationale du Sport) et notamment en ce qui concerne la gestion du temps de travail.

Au départ de Coralie, le bureau a dû se réorganiser. C’est à cette occasion que j’ai repris transitoirement le rôle de manager qu’elle occupait jusque-là. Rôle que j’ai tenu pendant 2 saisons.

Je pense qu’il faut être un peu curieux pour s’intéresser aux règles du jeu que constitue la CCNS. Avoir une bonne vision transverse des activités du club et un peu d’organisation pour définir les objectifs de la saison et établir la planification moyen/long terme et arbitrer les priorités. Enfin, être à l’écoute du salarié car c’est un professionnel dans son domaine.

F.B : Tu es aussi membre du haut conseil fédéral, une nouvelleinstance qui doit notamment veiller à la mise en place d’un nouveau système de démocratie participative : Pourquoi avoir souhaité cet engagement ? Maintenant que tu fais partie de ce groupe, peux-tu nous en dire plus sur cet engagement, ses effets, ce que tu en retire, tes attendus ?

M.M : Le haut conseil est une nouvelle instance dans la gouvernance de la fédération instaurée suite à la modification des statuts de notre fédération par l’AG de septembre 2020. Il dispose d’un pouvoir de surveillance et d’évaluation sur la gestion de la fédération par le conseil exécutif. Chaque année, il présente à l’AG (donc aux représentants des licenciés) un rapport de son évaluation sur la gestion de la fédération par le conseil exécutif.

Il est donc au service des licenciés et de l’ensemble des acteurs de la FFBad.

S’il n’est certainement pas parfait, l’esprit de ce mode de gouvernance est assez novateur pour une fédération sportive ; tout comme l’introduction dans les statuts de la notion de démocratie participative – à laquelle le haut conseil est sensé veiller et participer à la mise en œuvre – et qui a retenu mon attention car c’est une thématique citoyenne d’actualité.

Composé de 14 sièges représentatifs de différentes parties prenantes de la fédération et donc d’horizons différents, le haut conseil permet de croiser les regards et points de vue de chacun avec le prisme et l’expérience qui est la sienne. Au travers des échanges avec mes collègues, notamment ceux issus des autres collèges, je peux toucher du doigt certains enjeux dont je n’avais pas idée de mon point de vue et mieux appréhender les impacts de certaines décisions.

Le rapport d’évaluation de cette première année complète sera présenté lors de la prochaine AGO prévue fin avril.

Je ne trahirai en rien mes devoirs de confidentialité et de réserve en disant que cette première année d’exercice est globalement une année de mise en place car il existe un décalage entre les textes fédéraux et leur mise en œuvre opérationnelle. C’est notamment le cas au niveau de la démocratie participative dont c’est au conseil exécutif que revient la responsabilité de préciser les modalités opérationnelles.

Depuis le dernier appel à candidature lancé par le conseil exécutif en novembre, nous avons été rejoints par Delphine Delrue (qui vient compléter le collège des Sportifs de Haut Niveau) et Chirstophe Chenut, président de la ligue de la Réunion.

Toutefois, 4 places (sur 14) sont toujours non pourvues (2 représentants du badminton partagé, 1 président de comité et 1 président de ligue) et devront faire l’objet d’un prochain appel à candidature de la part du conseil exécutif.

F.B : La ligue a lancé en début de saison un projet sur l’engagement et la pratique féminine et qui court au moins pour l’olympiade en cours. Nous interrogeons souvent les femmes sur ce sujet mais rarement les hommes. Qu’en penses-tu ? Qu’attends-tu en tant que badiste, dirigeant, OT d’un tel projet ?

M.M : La démarche lancée par la ligue a le mérite d’objectiver à l’échelle régionale une tendance au long cours et certains états de fait, de les mettre en lumière aux yeux de notre communauté et de proposer une feuille de route.

La mixité femmes-hommes est un des atouts du badminton et est d’ailleurs souvent mis en avant vis-à-vis du grand public. Malgré cela, force est de constater que la proportion de femmes licenciées à la fédération de badminton est en baisse constante depuis 10 ans et que celles-ci ne représentent aujourd’hui à peine un peu plus d’un tiers des licenciés de notre fédération/ligue alors qu’elles représentent la moitié de la population. Personnellement, cette tendance m’attriste.

Quant à la faible représentation des femmes dans les instances dirigeantes, c’est une problématique qui va bien au-delà du badminton. Au-delà de l’aspect féminin, il me semble que l’on se heurte à la problématique plus générale de l’engagement dans le milieu associatif (pour quoi s’engager ? pourquoi s’engager ?).

Les 3 grands objectifs autour desquelles ce projet de développement de la pratique féminine me semblent faire du sens. Néanmoins, je m’interroge sur la pertinence, en tant qu’outil, du label qui y est adossé et surtout de sa capacité à impacter réellement cette tendance à l’échelle de temps de cette courte olympiade.

Toutefois, il faut lui laisser sa chance au produit car à tous points de vue, je pense que le badminton a tout à gagner en voyant la proportion de femmes augmenter à tous les niveaux/plans !

De manière générale, l’attraction et la fidélisation des licenciés sont deux challenges auxquels notre fédération et les clubs qui la composent sont confrontés. Le badminton fait de plus en plus face à une concurrence multiple qui touche tous les publics. C’est encore plus vrai depuis le début de la crise sanitaire que nous connaissons depuis bientôt deux ans.

Au-delà du label, si les constats levés incitent les dirigeants de clubs à s’interroger sur les ressorts qui animent les différents publics féminins et les actions qu’ils peuvent mettre en place à leur échelle pour les accueillir, les faire rester et leur permettre de s’impliquer plus, alors ce sera déjà un succès sur le chemin vers une plus grande mixité dans le badminton.

F.B : Pour finir que peut-on te souhaiter pour les mois à venir ?

M.M : D’arriver à trouver un nouvel équilibre où le badminton aura sa place avec une activité professionnelle toujours aussi chargée et une cellule familiale qui va s’agrandir dans les semaines à venir.

Retrouvez tous les portraits réalisés dans la plume de l’AURA dans l’onglet dédié

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